- Nox - A vous de rallumer l'espoir.

La 6eme année touche presque à sa fin à Poudlard, le trio de Gryffondor, toujours dans le coma, ne peut rien faire contre l'avancée des Mangemorts...A vous de vous battre pour faire gagner votre camp !
 

Partagez | 
 

 Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ezra Fitzgerald
Ministère
Ministère
avatar

Messages : 24
Points rp : 1965
Date d'inscription : 05/08/2012

Identité du Sorcier
Baguette magique: Sycomore, plume de Phénix, 31 cm
Ascendance: Sang-Mêlé
Camp: Bien

MessageSujet: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Lun 6 Aoû 2012 - 14:54

28 Février 1997


Ezra se redressa et poussa un long soupir, passant une main tremblante sur son front baigné de sueur. Ce matin pourtant, son bureau ne lui semblait pas aussi chauffé que cela mais après presque cinq heures de travail, il n'en pouvait plus. D'autant qu'il ne trouvait absolument pas ce qu'il cherchait. Et cela s'avérait assez problématique, car il s'agissait de son projet le plus important du moment. La plupart de ses collègues avaient été réquisitionnés pour travailler à la confection d'une potion ou d'un sortilège reproduisant les effets du baiser d'un Détraqueur, suite à l'évasion massive d'Azkaban en Novembre et la désertion des créatures gardant les prisonniers. Ils travaillaient en très grand nombre sur ce projet mais certains des Langue-de-plombs s'étaient vu forcés de travailler seuls sur les autres projets. Généralement, il s'agissait soit de ceux ayant un petit grade, à qui l'ont confiait des tâches minimes, soit ceux suffisamment doués pour mener à bien un projet d'une assez grande ampleur par eux-même.

Ezra, lui, avait été assigné pour terminer seul le projet sur lequel il travaillait précédemment avec une équipe de sept personnes : découvrir quel sort avait plongé Hermione Granger dans le coma et trouver son anti-sort. Personne ne savait vraiment s'il existait un anti-sort à ce puissant sortilège de magie noire utilisé contre la jeune fille, c'était à Ezra de le découvrir. Mais avant ça, il devait savoir ce qu'on lui avait fait et ce n'était déjà pas une mince affaire.

Pour ce faire, il était obligé de se plonger un peu trop profondément dans la Magie Noire. Devant lui une dizaine d'ouvrages sur le sujet s'étalaient, ouverts à différents endroits. Sur sa gauche, une souris ayant subi un sortilège d'amplification dormait dans une cage sous une lampe. Elle servait de cobaye au jeune homme pour tester ses trouvailles et ses idées. Malheureusement, il n'avait rien trouvé à tester aujourd'hui.

Le jeune homme s'empara de sa plume et raya le nom d'un nouveau sort parmi une longue liste, notant sur un autre parchemin les effets observés par le sort qu'il venait d'écarter. Ce n'était encore pas celui-là... Il reposa sa plume et s'empara à nouveau de sa baguette, augurant du prochain nom sur la liste. Il vérifia dans le grimoire face à lui de quoi retournait exactement ce sort. Ce n'était pas très clair mais de toute évidence, il était censé « débarrasser définitivement d'un ennemi, le laissant souffrir jusqu'à ce que mort s'en suive ». Tout un programme... Il était d'avance désolée pour la pauvre souris qui allait subir cela mais c'était soit elle soit un être humain, alors bon...

Si Ezra était du genre à vouloir tout tester, ce type de Magie l'avait bien sûr déjà titillé. Il s'était toujours dit qu'il tenterait l'expérience au moins une fois dans sa vie, pour voir ce que ça fait et si elle est vraiment plus puissante que la Magie traditionnelle. Mais depuis qu'il avait été obligé de se pencher sur la question dans le cadre de son travail, il était devenu clair que ce n'était pas quelque chose pour lui, loin de là. Le simple fait de devoir faire subir cela à une souris le mettait mal à l'aise et il ne continuait que parce que c'était son métier et qu'il n'avait pas le choix. Et le pire était la peur d'y prendre goût et de ne plus pouvoir s'en défaire. Enfin, si le Ministère l'avait choisi lui pour cela, c'est qu'on le jugeait capable d'y parvenir, non ?

Le jeune homme pointa sa baguette sur l'animal et ferma les yeux, inspirant profondément avant de lancer le sort. Une fine tentacule pointa au bout du morceau de bois, filant vers la souris et l'enroulant en serrant apparemment avec force, comme si elle cherchait à l'étouffer. La tentacule semblait essayer de s'incruster dans la peau de l'animal, l'enserrant de toutes ses forces et imprimant de grandes plaies sous les poils d'où le sang commençait à perler. La souris poussait des couinements de douleur. Cela suffit à faire paniquer Ezra. C'était la première fois depuis qu'il testait ces sorts sur le pauvre animal que ce dernier semblait souffrir autant. Il essaya divers anti-sort, prenant même le temps de regarder dans le grimoire s'il n'y en avait pas un spécifique à ce sortilège mais ne trouva rien.

Finalement, après plusieurs minutes avec ces différents sort parfaitement inutiles, le jeune homme ouvrit la cage et plongea la main à l'intérieur, tirant sur la tentacule pour tenter de la détacher de l'animal. Il tira de toutes ses forces pendant quelques secondes avant que la tentacule ne semble enfin réagir à l'attaque et s'enroule autour de l'une de ses mains. La douleur était fulgurante, cuisante. Ezra avait l'impression qu'une lame de rasoir était en train de s'enfoncer lentement dans sa peau, profondément, faisant couler le sang un peu partout. Pour autant son agresseur, quoi que ce soit, refusait de lâcher sa première victime, ainsi un lien sanglant unissait désormais la souris et le sorcier.


Le Langue-de-plomb resserra sa prise sur sa baguette et pointa de nouveau l'arme sur la tentacule. Après dix bonnes minutes de lutte, à coup de plusieurs sorts assez simple et d'autres inventés par le département des Mystères, il parvint finalement à couper la tentacule en deux. Celle-ci se resserra sur la souris mais la partie accrochée à sa main elle, sembla tout simplement mourir, se flétrissant et desserrant sa prise sur le jeune homme. Secouant la main d'un geste un peu brusque, Ezra se débarrassa de la tentacule qui tomba sur le sol sans faire un bruit. Le sang continuait cependant de couler de sa main et de son poignet et aucun des sorts de guérison qu'il connaissait n'avait d'effet sur les plaies. Le jeune homme referma la cage, abandonnant finalement la souris à son triste sort et quitta le bureau, passant par une porte sur sa gauche qui le mena directement dans une petite salle de bain. Il s'empara d'une serviette de toilette blanche qu'il enroula autour de sa main.

Il avait toujours extrêmement mal mais n'y pensait plus tellement pour l'instant. Ce n'était toujours pas le bon sort et pourtant il commençait à arriver à court d'idée. S'il voulait réussir à sortir Granger du coma, il n'avait pourtant pas d'autres choix que de trouver de quel maléfice elle était victime. A condition de ne pas perdre un bras dans la manœuvre, bien sûr ! Il commençait à perdre patience et à fatiguer un peu. Et sa main l'élançait fortement mais aucun sort de sa connaissance ne parvenait à refermer les plaies. Comme s'il n'en avait pas assez pour aujourd'hui, il se retrouvait maintenant avec une blessure impossible à guérir. Enfin, au moins cela lui donnait une bonne excuse pour arrêter ses recherches pour aujourd'hui, après tout il fallait bien qu'il trouve une solution avant de se vider de son sang...

Ezra quitta donc la salle de bain puis son bureau en direction des ascenseurs. Puisqu'il restait au moins quatre heures avant la sortie des bureaux, il n'y avait personne dans les couloirs ni faisant la queue devant l'ascenseur, il arriva donc assez rapidement jusque dans l'atrium. De nombreux sorciers passaient à côté de lui en lui lançant des regards intrigués. La serviette éponge blanche arborait une très belle tâche rouge en son centre et Ezra commençait à pâlir un peu beaucoup. Cela dit, il n'avait pas vraiment d'autres choix que de se rendre par ses propres moyens jusqu'à l'hôpital pour sorciers. Il traversa donc le grand hall noir de monde en prenant soin de rester bien à plat sur ses pieds et à ne pas s'évanouir tout de suite et se rendit jusqu'à une cheminée libre. De sa main saine, il attrapa une poignée de poudre de cheminette puis entra dans l'âtre. Jetant la poignée de poudre au sol, il annonça d'une voix aussi clair que possible : « Hôpital Sainte Mangouste ! »

Après un court voyage en cheminée qui lui donna le tournis, le jeune homme arriva finalement dans le hall d'entrée de l'hôpital, se laissant rapidement tomber sur une chaise libre. Une infirmière bondit presque aussitôt devant lui, pour s'assurer que tout allait bien et prendre connaissance des raisons de sa présence ici.

« Je vais très bien, j'ai juste eu un petit accident avec un sort. Je crois qu'il faut m'emmener voir un médicomage. Genre, vite... »

L'infirmière inspecta sa main ensanglantée et sembla plutôt d'accord avec les conclusions d'Ezra. Le jeune homme restait relativement calme malgré la lenteur de la femme et le fait que la douleur lancinante ne se calmait pas. Il commençait à croire qu'elle allait le laisser camper ici toute la fin de la journée quand elle se décida finalement à lui apporter un fauteuil roulant dans lequel il se laissa choir. L'infirmière passa derrière et le fit avancer jusqu'aux ascenseurs. Il se garda de lui faire remarquer que ses jambes allaient très bien contrairement à sa main et se contenta de patienter gentiment en se mordant les lèvres et serrant le poing pour supporter un peu la douleur. Le sang coulait toujours, imbibant la serviette éponge qui n'était quasiment plus du tout blanche.

Ils montèrent ainsi jusqu'au quatrième étage, dans une lenteur exagéré -du moins c'est ce qu'il semblait à Ezra. Malheureusement, le jeune homme n'était pas au bout de ses peines. L'infirmière le mena jusqu'à un lit et le fit asseoir, lui assurant que quelqu'un viendrait très bientôt pour s'occuper de lui, avant de disparaître beaucoup plus vite qu'elle n'était arrivée. Le jeune homme poussa un nouveau soupir tout de suite suivit d'une grimace de douleur. Vu le mal qu'il s'était donné pour trouver ce sort, il avait des doutes quant au fait que quelqu'un soit capable de le guérir. Le descriptif disait bien « le laissant souffrir jusqu'à ce que mort s'en suive », après tout. Peut-être était-il condamné à se vider de son sang jusqu'à ce que la mort vienne le prendre... Foutue Magie Noire... Il attendit près de dix minutes en divaguant sur sa mort prochaine avant que quelqu'un n'arrive enfin pour s'occuper de lui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Violine Elgart
Ordre du Phénix
Ordre du Phénix
avatar

Messages : 36
Points rp : 2371
Date d'inscription : 26/08/2011

MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Mar 7 Aoû 2012 - 22:11

    Encore une nuit sans presque dormir. Mon regard fixait le mur vierge de ma chambre tandis que le soleil se levait. Ou plutôt tandis que le ciel s'éclaircissait. J'avais réussi à m'endormir plus de quatre heures. Mais les cauchemars étaient arrivés vers cinq heures du matin. Je m'étais donc réveillée en sueurs et effrayée, j'étais restée à fixer le mur de ma chambre. Il était maintenant sept heure : l'heure à laquelle je me réveillais avant. Je mis pied à terre, faisant légèrement grincer le vieux parquet de mon appartement. Je soupirai tout en allant dans la cuisine me chercher un verre d'eau. Je jetai un rapide coup d’œil dehors : les nuages étaient gris et une triste pluie venait s'éclater sur la fenêtre. Encore un temps pourri. Il faisait même froid dans mon appartement. Ma petite nuisette noire ne me tenait vraiment pas chaud. Mais qu'est-ce que j'en avais à faire ? J'étais glacée mais c'était bien le cadet de mes soucis. Oui, car cela faisait un mois que j'étais sous le pouvoir du Mage Noir. Alors être frigorifiée n'était rien, à côté.

    Je pris bien mon temps, assise à la table de ma cuisine tout en sirotant mon verre d'eau. Je pris aussi le paquet de cigarette rangé à côté d'une pile de vieux magazines, posés à côté de moi. J'en sortis une et l’amenai à ma bouche. Je pris aussi ma baguette et allumai ma clope d'un sort imprononçable. Dire que depuis le nouvel an, j'étais devenue littéralement accroc à cette saloperie. Certes, j'avais déjà fumé quelques cigarettes lors de mes études de médicomage. Mais ce n'était pas régulier. Et surtout pas quotidien. Je tirai plusieurs fois sur le filtre, sentant la fumée descendre dans mes poumons, jusqu'au fin fond de mes bronches. Je faisais tomber les cendres avec quelques coups de doigts secs sur le tube blanc, dans le cendrier en acier que j'avais acheté une misère dans un magasin moldu. Après cinq minutes à m'encrasser mon appareil respiratoire, je finis par écraser mon mégot. Je me levai, plus fatiguée que jamais, et me dirigeai vers la salle de bain. Là, j'y retrouvai mon miroir, et donc mon reflet. Finalement, mon visage ne changeait pas vraiment de d'habitude : j'étais toujours pâle. Seules les cernes pouvaient prouver que j'étais réellement fatiguée. Encore un soupir. Je me déshabillai lentement et finit par entrer dans ma douche. Tandis que j'ouvrais le robinet et laissais couler l'eau chaude sur mon corps, je me rappelai cette nuit du trente et un janvier. J'avais pensé, l'espace d'un instant, que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-le-Nom m'avait oubliée. Après tout, cela faisait plus d'un mois qu'il ne m'avait pas donné de nouvelles, et donc demandé quoi que ce soit sur l'Ordre. Quelle ne fut pas ma surprise, deux jours plus tard, quand je reçus la visite du terrible Greyback, alors que j'allais rentrer chez moi après une course. Il m'avait demandé si j'avais quelques informations croustillantes sur l'Ordre. Malheureusement pour lui, je n'en avais pas : depuis quelques temps, les informations capitales ne coulaient pas à flot, lors des réunions. Finalement, il s'en était allé, non sans me dire que moi-même, j'avais l'air croustillante.

    Rien que de repenser à cela, j'eus envie de pleurer. Mais je me ressaisis : j'allais aller travailler. Et là, j'allais pouvoir me changer les idées. C'était le seul moment de ma journée où mes soucis personnels pouvaient s'échapper plus de quelques minutes. Dans mon métier, l'important était avant tout de sauver les gens. Je sortis de ma douche, me rendant compte que l'horloge tournait un peu trop vite, quand j'étais plongée dans mes pensées. Je me séchai, me brossai les dents et les cheveux, et m'habillai rapidement. Ma tenue d'aujourd'hui était simple : un pantalon noir et un pull fin de la même couleur. Ma coiffure n'était pas bien compliquée non plus : mes longs cheveux lissés étaient lâchés, tombant doucement jusque dans le milieu de mon dos. Je retournai dans la cuisine. Il était maintenant huit heures moins le quart. Je pris une nouvelle cigarette, et l'allumai. Je la fumai, en même temps que je chaussai mes bottes en cuir noir. Rien de bien extravagant, par rapport à d'habitude. Bon, il me restait à peu près un quart d'heure pour arriver à l'hôpital. Un laps de temps plus que correct. Je profitai alors des dernières bouffées de nicotine avant de partir. C'était finalement le matin que je préférais, dans la journée. Je savais parfaitement que j'allais aller au travail, et que je n'aurais plus à penser à tout cela, une fois à l'hôpital. Un léger sourire de satisfaction se dessina sur mon visage et une fois de plus, j'écrasai ma cigarette dans le cendrier que je vidai dans la poubelle, histoire de ne pas avoir de mauvaise odeur de vieux tabac au soir. Finalement, je me vêtis d'une cape bordeaux et transplanai sans demander mon reste, sur mon lieu de travail. J'atterris immédiatement dans les vestiaires. Mes collègues me saluèrent, se moquant gentiment de mes traits tirés. Elles croyaient toutes que j'avais un petit ami et que je passais mes nuits à faire des choses avec lui. N'importe quoi ! Je n'avais jamais vraiment eu de relations sérieuses dans ma vie, et ce n'était certainement pas prêt de changer, surtout avec la vie que je menais en ce moment. Mis à part mes collègues, je ne côtoyais personnes. Bon, et les membres de l'Ordre, mais je n'avais de toute manière pas envie de m'investir dans une quelconque relation. Finalement, j'enlevai ma cape et me vêtis de la blouse blanche des informières.

    Ma journée commença par un tour des convalescents. Je devais noter les améliorations ou au contraire, des aggravations des patients de la salle 49 une fois par semaine. Le cas de Gilderoy Lockart était vraiment amusant... il s'agissait du dernier professeur de Défense Contre les Forces du Mal que j'avais eu, et je trouvais fort cocasse de l'avoir comme patient. Surtout quand on savait pourquoi il était là. Finalement, il ne s'agissait que d'un grand usurpateur. Cependant, il avait toujours de multiples fans, comme pouvaient l'attester les lettres à son chevet. La petite médicomage qui s'occupait de lui était par ailleurs une de ses grandes fans. Quand Lockart me vit, il ne put s'empêcher de me saluer avec un grand sourire niais, ainsi que d'amples gestes. Il m'avoua qu'il savait dorénavant compter jusque dix, et commençait à comprendre le fonctionnement des additions. Je lui posai tout de même quelques questions, histoire de voir si il avait retrouvé un tant soit peu de mémoire. À première vue, non. Je notai donc un petit « o » à côté de son nom dans mon carnet, pour indiquer que son état n'avait pas bougé depuis la semaine dernière. Je continuai mon tour hebdomadaire. Malheureusement pour eux, les Londubat non plus, ne montraient pas d'amélioration. Dire que ces personnes étaient comme mes parents : des membres de l'ordre qui avaient tenus tête au Mage Noir. Cependant, j'aurais préféré être à la place de mes parents que de la leur. Enfin cela dit, mon statut n'était pas spécialement à envier non plus.

    Il était maintenant à peu près dix heures. J'eus divers cas de patients. Certains venaient du Ministère de la Magie, d'autres de l'extérieur. Nous n'étions pas spécialement débordés par le travail, en ce vendredi, dernier jour de février. Qui plus est, les cas n'étaient pas grave. Au contraire, ils étaient plutôt amusant. Entre l'homme ayant des pustules sur le visage, l'autre ayant bu du polynectar avec un poil de chien dedans et une femme ayant changé sans le faire exprès ses oreilles en assiettes, il y avait de quoi rire. Mais je m'en empêchais toujours, par respect pour les « malades ». Finalement, la pause de midi arriva. C'était le seul moment de la journée où je mangeais normalement. Si du moins un sandwich pouvait être considéré comme une nourriture suffisante pour une journée entière. Enfin bref...

    Le travail reprit. Néanmoins, il n'y avait aucun patient à soigner. Je me mis donc dans un coin pour commencer la lecture d'un livre de Magie Noire. Ça aurait pu paraître totalement incompréhensible, venant de l'extérieur. Mais en fait, de fil en aiguille, je m'étais spécialisée dans les soins de cette branche. J'avais même eu une formation spécifique, la semaine dernière. Et vu qu'il s'agissait d'une matière assez floue, je devais toujours me renseigner. Soudain, je vis une tignasse blonde passer devant moi en courant. Je relevai la tête de mon « 1001 sorts et contre-sorts les plus dangereux de Magie Noire d'Asie » et vis Lockart se diriger vers la sortie la plus proche en imitant un poulet. Je me levai d'un bond, rangeant mon bouquin dans une des poches de ma blouse. L'amnésique poussa la porte des escaliers et se mit à descendre les marches deux par deux, tout en continuant à pousser des cris de poule. Derrière moi courait l'infirmière qui s'occupait de lui, hurlant à la mort qu'il fallait que rien ne lui arrive. Finalement, à bout de souffle, je sortis ma baguette et lançai un « Petrificus Totalus » sur le convalescent. Je soupirai d'énervement, tandis que la petite infirmière potelée me dépassait en me remerciant. Je levai les yeux au ciel, lui disant que ce n'était jamais que la huitième fois cette semaine que Lockart se faisait la malle, et qu'il était peut-être temps qu'elle fasse attention à lui.

    Je remontai alors les escaliers, sans même prendre la peine de voir si ma collègue se débrouillait avec le corps inanimé de son patient. Une fois de retour au bureau que je squattais pour lire mes bouquins, je remarquai qu'un de mes collègues de l'accueil attendait avec patience. Quand elle me vit, elle fit quelques pas vers moi, m'apprenant qu'une victime d'un sort qui lui était inconnu m'attendait dans la chambre 45. Elle ne m'en expliqua pas plus et partit en traînant la patte. Elle était le genre de fille qui prenait toujours bien son temps pour faire les choses, et qui n'était jamais inquiète pour rien du tout. Le cas du patient de la chambre 45 était peut-être plus grave qu'elle ne le pensait. Je pris donc -presque- mes jambes à mon cou et me dirigeai dans le labyrinthe des couloirs pour arriver à la chambre 45. J'entrai à grande vitesse et soudain, m'arrêtai net.

    « Ezra ?? »

    Ezra Fitzgerald était assis sur l'unique lit de la chambre 45. Ses long cheveux encadraient son visage encore plus pâle que le mien. Ezra avait été mon petit ami pendant trois mois, à Poudlard. À l'époque, je n'étais encore qu'en quatrième, et lui en septième. Mais j'en étais tombée follement amoureuse, malgré la différence d'âge. Tout cela parce qu'il m'avait envoyé un jour un morceau de parchemin sur lequel il avait dessiné un petit cœur. J'avais pensé qu'à nous deux, nous pourrions refaire le monde. Mais au final, il m'avait quitté trois mois après le début de notre relation. Naïve j'avais été. C'était peu avant le mois de juin. Il avait ensuite eu ses ASPICs et avait finalement quitté l'école. Depuis, nous ne nous étions pas donnés de nouvelles. Pourtant, nous nous entendions bien. Même avant de sortir ensemble. En y repensant, c'était le seul garçon duquel j'étais tombée amoureuse. Triste histoire. 'Fin, triste vie aussi et j'en passe. Bref, je n'en étais pas aux souvenirs. Après avoir vu le visage digne d'un inferi de mon ex, la deuxième chose qui me me frappa fut sa main gauche, entourée d'une serviette qui à la base devait être blanche. Mais là, elle était juste rouge sang. À mon tour, je pâlis.

    « Bon sang mais que t'est-il arrivé ?! »

    Je me jetai littéralement sur lui et lui retirai la serviette. Des entailles énormes rongeaient sa main, le faisant saigner comme pas possible. Sans même qu'il puisse m'expliquer quoi que ce soit, je sortis ma baguette et tentai un sort de cicatrisation. C'était un peu comme recouvrir les plaies d'un film plastique. Généralement, ça marchait bien pour les entailles dues à des lames. Mais d'après ce que je pouvais voir, ça n'allait pas tenir bien longtemps... juste de quoi stopper l’hémorragie quelques minutes à peine. Pour couronner le tout, j'avais l'impression que les blessures s'allongeaient, commençant doucement à remonter la main, le tout en sorte de spirale. En gros, c'était vraiment urgent.

    « Sympa comme retrouvailles... bon aller, dis-moi... »

    Avec lui, tout était possible... je ne m'attendais pas à une réponse simple genre « Je me suis fait attaquer par un chat magique et bizarre ». Non, avec lui, ça allait être un truc vraiment... incroyable.


Violine - 22 ans - Médicomage - Phénix & espionne du Mage noir, bien malgré elle ~
[Couleur texte : #993333]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ezra Fitzgerald
Ministère
Ministère
avatar

Messages : 24
Points rp : 1965
Date d'inscription : 05/08/2012

Identité du Sorcier
Baguette magique: Sycomore, plume de Phénix, 31 cm
Ascendance: Sang-Mêlé
Camp: Bien

MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Mer 8 Aoû 2012 - 0:05



Généralement, Ezra n'était pas du genre douillet ni quoi que ce soit qui s'en rapproche, en fait il tenait plutôt bien la douleur. Il faut dire, il lui arrivait souvent de se blesser pour diverses raisons et en particulier dans le cadre de son travail. Alors il valait mieux pour lui ne pas jouer les petites natures et encaisser les coups, puisqu'il ne savait jamais vraiment sur quoi il tomberait. Mais là pour le coup... Il avait vraiment mal. Ce n'était vraiment pas des petites coupures sans intérêt et il le sentait bien passer. Aussi, il commençait à devenir légèrement impatient de voir un médicomage se présenter. Même s'il faudrait sans doute un bout de temps à ce dernier pour trouver l'anti-sort adapté, au moins il y aurait peut-être un moyen d’atténuer la douleur. Même si ce n'était pas vraiment définitif.

Cependant, il lui fallut attendre quelques minutes avant de voir débarquer le médecin qui s'occuperait de lui. Alors qu'il observait d'un oeil critique la serviette imbibée de sang, il entendit la porte de sa chambre grincer, signe qu'elle venait de s'ouvrir et que quelqu'un était enfin là. Il releva les yeux, un peu trop vite d'ailleurs, ce qui lui donna une légère sensation d'étourdissement et croisa un regard bleu très profond, qui aurait pu être magnifique si les yeux n'avaient pas été cernés de noir, preuve que leur porteur devait souffrir d'une immense fatigue.

Il fallut quelques secondes à Ezra pour se rendre compte de ce qui se passait. La jeune femme qui venait d'entrer était magnifique, bien qu'elle avait l'air vraiment crevée, mais elle lui était aussi vraiment familière. Et le fait qu'elle venait d'entrer en prononçant son prénom d'un air aussi étonné semblait confirmer les doutes du jeune homme. Il avait déjà vu cette jolie rousse quelque part. Restait à savoir où. Il l'observa un peu plus en détail et cela le frappa tout à coup. Violine Elgart ! Une Gryffondor avec qui il était sorti quelques temps avant de quitter Poudlard. Elle était assez jeune à l'époque, 14 ou 15 ans, il n'en était pas spécialement fier d'ailleurs, pour un mec de 17 ans c'était un peu trop jeune, mais c'était une fille très cool, sympa et bien plus mature qu'on ne pouvait le penser. Elle avait énormément changé. Si ses long cheveux roux et ses beaux yeux bleus étaient toujours là, on ne pouvait pas en dire autant de son air de petite fille sage. Et son visage semblait marqué par quelque chose, laissant deviner quelques nuits blanches à son actif. Elle était superbe, toute en courbes harmonieuses, le visage plus fin, le regard plus profond. L'adolescente avait laissé place à une très belle femme. Mais aucun doute que ce soit elle. Ezra tenta de se reprendre assez rapidement afin de pouvoir l'ouvrir sans passer pour un crétin.

« Violine ? Ça fait un bail ! »

Et pour le coup... Il ne l'avait pas revu depuis sa sortie de Poudlard. Pourtant, Violine faisait partie des personnes qu'il appréciait vraiment, à l'époque, pas pour rien qu'il était sorti avec elle. Mais disons qu'après sa sortie de l'école, il avait eu d'autres choses en tête, et notamment ses études pour devenir Langue-de-plomb et son groupe de rock. Et puis, il était juste passé à autre chose. La vie est bien trop courte pour se concentrer sur le passé et avoir des regrets. De toute manière, ce qui était fait était fait et ce ne serait plus jamais à faire, alors autant passer à autre chose. C'est ce qu'il avait fait et très honnêtement, il n'avait plus jamais pensé à la jeune fille, sauf peut-être une fois de temps en temps quand il parlait du bon vieux temps avec ses potes de Poudlard. Mais cela n'allait pas au-delà. Ce n'était qu'une amourette de lycée, rien de bien sérieux, il aurait été stupide autant pour l'un que pour l'autre de s'enfermer dans une relation sérieuse aussi tôt dans leur vie alors que tant de choses restaient à découvrir.

Cependant, aujourd'hui les choses semblaient un peu différentes. Il ressentait de nouveau une attirance pour elle, ce qui n'était encore jamais vraiment arrivé. En général, une fois que c'était terminé avec une fille, c'était définitif pour lui, il n'était pas du genre à se compliquer la vie avec des sentiments ambiguës. Sauf que là, il avait vraiment l'impression de voir une autre personne, de ressentir quelque chose de différent qu'à Poudlard... Mais ce n'était ni le lieu ni le moment pour penser à cela. Sa main le faisait toujours autant souffrir et de toute évidence -du moins à en croire le teint pâle que venait de prendre Violine, la blessure était assez impressionnante.

A peine une seconde après une expression de surprise de sa part, la rouquine bondit presque pour faire face à Ezra et lui retirer la serviette masquant toujours l'étendue des dégâts. Ce n'était vraiment pas beau à voir et cela semblait devoir empirer peu à peu. Ezra n'était même pas certain que Violine parvienne à trouver un remède. Avant même que le jeune homme n'ait le temps de répondre à la question étonnée de la rousse, celle-ci s'était emparée de sa baguette et lançait un sort sur la main ensanglantée. Le sortilège sembla fonctionner un moment, du moins le sang arrêta de se rependre pendant quelques secondes, même s'il avait toujours l'air de se précipiter vers l’extérieur pour fuir hors de la plaie, heureusement sans y parvenir. Cela leur laisserait sans doute suffisamment de répit pour qu'il ait le temps de lui raconter ce qu'il lui était arrivé.

C'était à vrai dire le moment le plus délicat de l'entretient. Car s'il voulait être soigné convenablement, il se devait d'être le plus précis sur ce qu'il lui était arrivé. Mais en même temps, il se trouvait dans une situation assez périlleuse car c'était un accident survenu pendant son travail, de fait il était tenu de garder le secret sur la nature exacte de ses activités. A vrai dire, même s'il avait eu envie de parler de ce qu'il s'était passé dans les détails, il n'aurait pas pu, étant tenu au secret par un puissant sortilège que subissait chaque Langue-de-plomb au moment de prendre ses fonctions. Une sorte de sortilège de mutisme l'empêchant de dire tout dans les moindres détails. Expliquer cela s'annonçait amusant...

« Hum, eh bien... C'est une histoire vraiment hilarante, je t'assure tu vas rire. J'ai voulu me battre contre une sorte de tentacule bizarre pour sauver la vie d'une souris géante. Laisse-moi te dire que cette saloperie était tenace. D'ailleurs, la souris n'a pas survécu. Et moi je m'en tire avec ça. »

Dit comme ça, ça aurait aussi bien pu passer pour une activité de loisir, un truc qu'il aurait fait juste pour passer le temps. Un petit sourire en coin s'était même imprimé sur ses lèvres, histoire de faire perdre encore un peu de sérieux à l'histoire totalement dingue -et pourtant vraie- qu'il venait de raconter. Et aussi un peu pour la charmer, il devait bien l'admettre.

« Est-ce que j'ai précisé que cette bestiole était sortie de ma baguette ? C'est dangereux ces choses là. »

La douleur s'était légèrement calmée maintenant que le brun avait d'autres pensées bien plus intéressantes en tête mais cela n'avait pas disparu pour autant. Il serra le poing puis étira ses doigts pour s'assurer qu'il avait toujours l'usage de sa main. Ce geste pourtant innocent eut hélas le malheur de faire rompre les liens invisibles qui retenaient le sang à l'intérieur de son corps. De nouveau le liquide rouge se répandit, se déversant sur le jean usé du jeune homme qui n'y prenait même pas garde. Au lieu de montrer le moindre signe de douleur ou d'inquiétude, il plongea ses yeux sombres dans ceux de Violine et conserva le contact visuel, tentant d'y mettre toute l'intensité possible avant de lâcher d'une voix grave :

« Oh, j'ai oublié de te dire, aussi... Tu es magnifique. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Violine Elgart
Ordre du Phénix
Ordre du Phénix
avatar

Messages : 36
Points rp : 2371
Date d'inscription : 26/08/2011

MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Ven 10 Aoû 2012 - 21:30

    Ezra sembla aussi étonné que moi de me revoir. Il était vrai qu'en sept ans, nous ne nous étions plus vu ni même envoyé de courrier. Peut-être même se demandait-il qui j'étais ? Après tout, j'avais pas mal changé depuis mes quatorze ans. À l'époque j'avais encore des traits enfantins. Nous nous dévisageâmes donc pendant quelques instants. Puis, il me lâcha que ça faisait un bail. Ah pour ça, c'était sûr. Comme je venais de le penser ; cela faisait maintenant sept ans. Sept longues années que je pensais encore fréquemment à lui. J'étais certaine qu'il ne se doutait même pas qu'il avait chamboulé mon cœur à ce point. Si seulement il pouvait me donner une nouvelle chance. J'étais bien différente de la petite Gryffondor d'il y avait maintenant sept ans. Mais nous n'en étions pas du tout à ça. Quand je vis la serviette rouge -qui donc devait être blanche à la base...- enroulée autour de la main de mon ancien petit ami. Elle était littéralement imbibée de sang. Après lui avoir demandé ce qui lui était arrivé, je me jetai sur lui, inquiète. J'enlevai la serviette et la lançai négligemment dans un coin de la pièce. Comme je l'avais bien imaginé, ma collègue de l'accueil avait encore une fois bien minimisé la situation. Je ne pus m'empêcher de mordre ma lèvre inférieure, signe que c'était tout de même très important. Ce n'était pas tous les jours que je voyais un cas pareil. Pour être honnête, c'était même la première fois. Je m'emparai de ma baguette et lançai un sort de cicatrisation sur les plaies qui remontaient doucement le long de la main de mon ami. L'espace de quelques minutes, le sang n'allait plus couler à flots. Il aurait donc tout le loisir de me dire ce qui lui était arrivé.

    Je lui redemandai alors comment il avait pu se faire une chose pareille. Comme je m'y attendais, Ezra prit cela sur le ton de la blague. Il me raconta qu'il avait voulu se battre contre un tentacule pour sauver la vie d'une souris géante. Le-dit tentacule avait d'ailleurs été très tenace. Et le rat était mort. Et lui se retrouvait avec des blessures pareilles. Après une courte pause, il me précisa tout de même que cette chose était sortie de sa baguette. J'arquai un sourcil et voulus avoir l'air très grave. Cependant, je ne pus m'empêcher d'afficher un léger sourire. J'étais, il fallait tout de même bien l'avouer, heureuse de revoir Ezra. Enfin, là il était dans une sale posture, et si je voulais ne fut-ce que le revoir dans un autre cadre que celui de mon travail, il valait mieux que je le soigne, et vite.

    « Ah oui, c'est vraiment hilarant, je suis morte de rire, comme tu peux le voir. »

    Bon, à la base c'était censé être un reproche. Mais avec le sourire toujours dessiné sur mes lèvres, ça allait certainement beaucoup mieux passer. Enfin, il y avait deux choses qui étaient importantes dans ce qu'il m'avait dit : premièrement son histoire ne tenait pas debout. Tout d'abord, vu comment il avait présenté la chose, il avait tenté de sauver un rat géant limite en le croisant dans la rue. Oui normal, tout le monde croise des rats géants dans la rue, et tout le monde tente de les sauver d'un tentacule immonde et dangereux. Oui moi aussi j'avais ça comme hobby le samedi matin... Ensuite, il m'avait tout de même précisé que ce truc était sorti de sa baguette ! Ah, donc il n'avait pas croisé l'animal dans la rue. Enfin, ce n'était finalement pas mon problème. Ce dernier était que j'avais un patient qui se vidait de son sang. Le seul point positif dans cette histoire était justement que c'était Ezra lui-même qui avait lancé le sort. Donc, je pouvais retrouver de quoi il s'agissait.

    Alors que j'allais examiner à nouveau les plaies de mon patient, ce dernier étira quelque peu sa main, certainement engourdie. Malheureusement, mon sort se brisa, et les liens empêchant le sang de se déverser hors des plaies s'évanouirent. De ce fait, le liquide rouge gicla à nouveau. Quelques gouttes arrivèrent même jusqu'à ma blouse. Je regardai l'étendue des dégâts, plus que jamais inquiète. Puis, je relevai la tête vers celle d'Ezra, prête à lui demander de me prêter sa baguette et ce, tout de suite. Cependant ses yeux, reflétant un sérieux implacable, plongèrent dans les miens, et mon ancien compagnon de maison me lança qu'il avait oublié de me dire que j'étais magnifique. Mon teint pâle prit alors une couleur rose vif. Que répondre à cela ? Il s'agissait d'Ezra. Ezra. Le seul et unique homme que j'avais aimé de toute ma vie ! Non. C'était juste un simple compliment. Je n'avais pas à prendre ça au sérieux. La preuve, lui-même n'avait jamais été très sérieux dans sa vie. Mon regard se posa à nouveau sur sa main. Je la pris délicatement, tâchant les miennes de son sang.

    « Je... je te remercie. Toi tu n'as pas vraiment changé, je t'avoue. »

    Je me rendis compte de la bourde et tentai de me reprendre, encore un peu plus rose. Il savait parfaitement que j'étais amoureuse de lui quand il m'avait quitté. Si on suivait la logique des choses, ça voulait dire que je pouvais en tomber « à nouveau » amoureuse. C'était sans savoir que je l'étais encore, mais soit...

    « Je veux dire... tu as changé physiquement, tu as vieilli quand même un peu. Mais tes traits restent les mêmes. Et tu es toujours aussi... inconscient. »

    Oui voilà, comme ça c'était dit. Je ne voulais pas spécialement dire inconscient, mais quelque chose dans le genre... enfin, tout cela pour dire que ça ne m'étonnait pas trop de lui. Enfin soit, l'avantage donc que ce soit Ezra qui ait fait apparaître cette chose était que je pouvais revoir de quoi il s'agissait précisément. Je m'éclaircis donc la gorge. Ce n'était pas spécialement drôle pour une personne d'entendre une chose pareille.

    « Ezra, pourrais-tu me donner ta baguette magique ? Histoire que je sache précisément ce qui t'a attaqué. »

    Mon ami la sortit de son jeans troué -et tâché de sang- sans même rechigner. Je le remerciai et murmurai un « Prior Incantato » à peine perceptible. Divers sorts de guérison sortirent de la baguette en sycomore du brun, sous forme fantomatique. À première vue, il avait d'abord tenté de se soigner avant de venir ici. Soudain, un tentacule sortit de l'arme en bois et vint se coller à ma main, tentant de la blesser sans grand succès. Mon regard avait changé : j'avais une fois de plus pâli, signe pas très convaincant. Je rompis le sort, et l'immonde chose grise s'évanouit. Je connaissais ce sort, cette chose. Je l'avais déjà vu dans un de mes bouquins. Il n'y avait pas si longtemps que cela, d'ailleurs. La veille, à peine. Je rendis sa baguette à Ezra, sortis mon livre de « 1001 sorts et contre-sorts de Magie Noire d'Asie » et je jetai sur le lit, à côté de mon patient.

    « Bon... si je ne m'abuse, il s'agit du sort « Choushowu Siwang ». Ou quelque chose comme ça, je ne suis pas une experte en prononciation chinoise... en gros, ça veut dire « Tentacule de la mort ». C'est un vieux mage noir chinois des années 1600 qui l'a inventé. Un sort atroce. Heureusement que tu es venu nous voir tout de suite. Ou presque. »

    Je lui lançai un sourire franc, cette fois.

    « Et heureusement que tu es tombé sur moi. Bon, ça ne va pas être très marrant à soigner, je te préviens... »

    Je repris mon bouquin et commençai à le feuilleter avec énergie. J'arrivai rapidement à la page qu'il me fallait. Les images étaient évidemment d'un gore défiant toute concurrence. En gros, si Ezra n'était pas venu, il serait soit mort de son hémorragie, soit les restes de tentacule auraient tout bonnement continués leur route, jusqu'à arriver au cœur et aux entrailles. Charmant. Je m'armai à nouveau de ma baguette et pris une grande inspiration.

    « Honnêtement, ça va te faire un mal de chien. Ensuite, il faudra que tu boives une potion quotidiennement, et ce pendant une semaine. Bon... tiens-toi prêt. »

    Je lançai alors des incantations dans un chinois approximatif. Heureusement, le contre-sort était écrit en phonétique, de ce fait, ce n'était pas bien compliqué à prononcer. Du moins plus facile que le nom des-dits sortilèges. Après quelques secondes, la main blessée d'Ezra se leva -j'avais l'impression qu'elle le faisait sans même qu'il ne le veuille- et elle fut attirée par ma baguette comme une aiguille par un aimant. Le sang commença alors à couler comme jamais, inondant le sol blanc du liquide rouge, et des filaments sortirent lentement mais sûrement de ses blessures : les restes du tentacule. Et soudain, mon ami commença à crier à la mort. La panique s'empara de moi. Pourtant, je savais qu'il fallait que je continue. Si je ne le faisais pas, les filaments allaient retourner dans les plaies et recommencer leur travail macabre. Je devais être forte et faire abstraction de ses cris. Je m'approchai lentement de mon ami, déposai mon livre pour pouvoir continuer le soin, et pris son autre main dans la mienne, la serrant tout en poursuivant mes incantations. Bientôt. C'était bientôt fini. Il ne restait plus que deux misérables lignes à prononcer, et Ezra serait bientôt guéri. Je ne voulais pas qu'il s'en aille. Pas maintenant que nous nous étions retrouvés. Décidément, mes sentiments n'avaient guère changés, après tant d'années. Peut-être même s'étaient-ils intensifiés... Ah la poisse, comme si j'avais besoin de ça !


Violine - 22 ans - Médicomage - Phénix & espionne du Mage noir, bien malgré elle ~
[Couleur texte : #993333]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ezra Fitzgerald
Ministère
Ministère
avatar

Messages : 24
Points rp : 1965
Date d'inscription : 05/08/2012

Identité du Sorcier
Baguette magique: Sycomore, plume de Phénix, 31 cm
Ascendance: Sang-Mêlé
Camp: Bien

MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Jeu 16 Aoû 2012 - 17:33

A la réponse de Voiline, un nouveau sourire en coin s'imprima sur les lèvres d'Ezra. Alors comme ça, il n'avait pas changé, hein ? Elle n'avait pas tout à fait tort, d'un point de vue personnel, il était toujours comme cet adolescent de 17 ans qui veut profiter de chaque instant de son existence et surtout ne jamais s'ennuyer. Parfois, ses parents lui faisaient remarquer qu'il était temps de grandir, de prendre exemple sur Adam et de devenir un peu plus mature, se poser dans une relation stable, par exemple, et arrêter de sortir tous les soirs. Devenir un adulte, en somme. Mais physiquement, il se trouvait tout de même différent, disons un peu moins enfantin... Il faut croire qu'il avait tort au moins sur ce point. Ce qui fit sourire le jeune homme, surtout, c'est l'air gêné de la jeune femme après qu'elle ait prononcé ces mots. Comme si elle venait de faire une énorme gaffe, de dire quelque chose de compromettant ou de désagréable. Il n'était cependant pas du genre à se vexer, d'autant qu'elle avait parfaitement raison, il était resté fidèle à lui-même, inchangé, et il ne voyait pas en quoi cela était une mauvaise chose. C'était en tout cas très mignon de la voir bafouiller pour tenter de se rattraper. Finalement, elle alla jusqu'à admettre qu'il était toujours aussi inconscient, ce qui arracha un rire au jeune homme. Oui, ça pour être inconscient... Mais il fallait bien prendre quelques risques pour exercer son métier et c'était l'une de ses principales qualités, d'après lui du moins. Jamais il n'hésitait à prendre des risques ou à se lancer dans des histoires folles, ainsi, jamais il ne se préservait de la joie, du bonheur et des sensations fortes. Carpe Diem.

Avant qu'il n'ait le temps de répondre, elle parla de nouveau, lui demandant de lui prêter sa baguette pour qu'elle puisse voir de quel sort il s'agissait réellement, sans doute. Ezra hésita une seconde, se demandant si cela le mettrait dans une quelconque difficulté de la laisser voir cela. Elle découvrirait tout de suite qu'il s'agissait d'un sort de magie noire très ancien. Et elle serait sans doute étonnée, surprise, intriguée de savoir que lui utilisait la Magie Noire. Mais en même temps, sans ça elle ne pourrait jamais l'aider à s'en sortir. Après tout, elle n'allait quand même pas aller le dénoncer, si ? Et puis même si elle le faisait, il ne serait jamais jugé puisque le Ministère, contrairement à la Médicomage, saurait parfaitement qu'il avait utilisé ce sort dans le cadre de son travail. Non, il n'avait franchement rien à craindre et rien ne pourrait être pire que la douleur actuelle. Haussant les épaules, il tendit la main vers la poche de son jean tâché de sang et troué et en sortie sa baguette qu'il donna à Violine. Pour beaucoup de sorciers, se retrouver privé de sa baguette était quelque chose d'impensable et une situation vraiment désagréable lorsque cela arrivait. Pour Ezra, ça ne posait aucun problème. Il possédait une baguette depuis l'âge de onze ans, comme tout sorcier mais auparavant, il avait vécu sans et s'en sortait très bien, il était polyvalent, et pour lui être sans baguette ne signifiait pas être inutile ou vulnérable. Il savait aussi bien vivre comme un sorcier que comme un moldu de fait, il n’éprouvait aucune difficulté à se défaire du morceau de bois.

Il observa Violine exécuter le sortilège du Prior Incantetem, remontant le fil des sortilèges qu'il avait lancé jusqu'à ce qu'elle retrouve finalement la tentacule, fantomatique cette fois, qui s'enroula autour de sa main comme elle l'avait fait pour celle d'Ezra. Cependant, si le sort sembla effrayer un peu la médicomage, le peu de consistance qu'il possédait désormais lui permit de s'en sortir sans problème et surtout sans blessure. Elle savait maintenant de quoi il s'agissait mais elle n'en avait pas l'air vraiment ravie, ce que Ezra trouva particulièrement dommage. Il fallait toujours se satisfaire des petites victoires de rien du tout à défaut de pouvoir se satisfaire des grandes qui n'arrivaient pas. Et puis elle était bien plus jolie lorsqu'elle souriait. Cependant, il se garda bien de lui faire part de cette pensée tandis qu'elle lui rendait sa baguette et se plongeait dans un livre sans se dérider pour autant.

Après quelques secondes de silence légèrement pesant, du moins pour Ezra, Violine releva les yeux vers lui et se décida enfin à lui expliquer de quoi il était question exactement. Les détails lui importaient assez peu à vrai dire, il était déjà au courant de tout ça -ou du moins il l'avait été au moment où il avait trouvé ce sort dans un livre et avait jugé qu'il pouvait correspondre au sort lancé à Granger, même si depuis il avait oublié les détails. Cependant, lorsqu'elle annonça le nom du sort, il le reconnu effectivement comme étant celui qu'il avait lancé. Hmm, enfin comment était-il censé s'en souvenir sans le nom sous les yeux, aussi ? Il ne parlait pas chinois couramment, alors bon... Sourire victorieux aux lèvres, Ezra croisa la regard de la jolie rousse et annonça :

« C'est bien ça ! T'es très douée, dis-moi, tu ne voudrais pas venir bosser avec moi ? Tu me feras gagner un temps fou ! »

Il préféra ne rien ajouter au reste de ce qu'elle venait de lui dire, il n'allait pas jouer les durs en faisant comme s'il ne souffrait pas le martyre, cela aurait été inutile, mais il ne voulait pas non plus lui montrer à quel point il souffrait. De toute façon, ça ne changerait rien, s'il existait un moyen d’atténuer la douleur, elle le lui aurait fait savoir, non ? Il se contenta donc d’acquiescer d'un signe de tête et de tendre sa main vers elle pour qu'elle fasse ce qu'elle avait à faire. Son étourdissement empirait à chaque seconde alors qu'il se vidait doucement de son sang. Il devait être encore plus blanc que les draps du lit -en même temps vu le sang qu'il avait répandu dessus, ce n'était pas bien difficile. Violine continua de farfouiller dans son livre pendant quelques minutes avant de finalement trouver ce qu'elle cherchait. Elle s'intéressa de nouveau à Ezra, lui annonçant tout de suite la couleur. Il allait vraiment avoir mal, encore plus que ce qu'il ressentait maintenant.

« Bah écoute, envoie la sauce, que veux-tu que je te dise... »

Il ferma les yeux, la main toujours tendue en avant attendant qu'elle ne commence. Ce qui ne tarda pas vraiment à arriver. Les paupières résolument closes, Ezra n'entendait que des mots prononcés dans ce qui devait être du chinois, il n'y comprenait rien du tout et ne cherchait pas vraiment à le faire d'ailleurs. La douleur était devenue bien plus intense, comme prévue, horrible. Il se mordit l'intérieur des joues et serra l'autre poing mais cela ne changea pas grand chose. Sans en avoir réellement conscience, Ezra sentit sa main qui se soulevait et s'approchait de l'endroit où devait se tenir Violine, puis quelque chose sembla sortir de ses plaies tandis que le liquide chaud coulait plus abondamment encore entre ses doigts et le long de son poignet. Le jeune homme chercha encore à résister mais n'y parvint plus et laissa enfin échapper des cris de douleurs qui hélas, n'arrangeaient pas son état pour autant. Mais une fois le premier lâché, il n'arrivait plus à contenir les autres. La douleur lancinante semblait se répandre dans chaque cellule de son corps, devenant la seule information transmise à son cerveau. Et sa tête lui tournait encore et encore à mesure qu'il se vidait de son sang et que la douleur remplaçait tout. Il sentit tout juste la main douce de la rousse se glisser dans la sienne mais ne put malheureusement s'empêcher de la serrer aussi fort qu'il le pouvait, n'ayant pas conscience pour le moment qu'il risquait de lui faire mal à elle aussi en serrant aussi fort.

Finalement, Violine prononça quelque syllabes supplémentaire et tout s'arrêta. La douleur avait disparu, ou du moins semblait étrangement lointaine, un simple souvenir qui continuait pourtant de filer le long des plaies. Ezra rouvrit les yeux et desserra sa main libérant celle de Violine qui devait souffrir autant que lui. De simples sorts de guérison suffirent à refermer définitivement les plaies sur sa main et son poignet, ne laissant que quelques fines cicatrices sur sa peau pâle. Le jeune homme souffla une seconde et se massa les temps. Il était toujours un peu étourdi mais ça passerait sans doute très vite. Il se retourna tout de même vers Violine.

« Désolé pour ta main, j'espère que je ne t'ai pas fait trop mal... »

Il marqua une pause, constatant les dégâts autour de lui. Tout ce qui était blanc par le passé était à présent tâché de sang et ses vêtements n'avaient pas été épargné. Il n'allait certainement pas retourner au Ministère après ça, il filerait tout droit chez lui et prendrait une bonne douche, et surtout se reposer un peu avant la soirée qui l'attendait.

« Je crois que tu viens de me sauver la vie, là... J'aimerais faire quelque chose pour te remercier. Est-ce que tu fais quelque chose ce soir ? »

Gonflé ? Peut-être un peu, mais il ne doutait pas un seul instant que cela fonctionnerait.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Violine Elgart
Ordre du Phénix
Ordre du Phénix
avatar

Messages : 36
Points rp : 2371
Date d'inscription : 26/08/2011

MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Sam 18 Aoû 2012 - 15:38

    J'étais tout de même gênée d'avoir dit à Ezra qu'il n'avait pas changé. Cependant, il n'eut pas vraiment l'air contrarié. Au contraire, il me lança un sourire en coin, signe que ce que j'avais dit n'était pas tout à fait faux. C'était tant mieux, je ne voulais pas que nous nous disputions alors que nous venions de nous retrouver. Enfin, ce n'était pas vraiment le genre de mon ex petit-ami de se disputer... ni vraiment le mien, en fait. Enfin, je ne laissai pas vraiment le temps à mon patient de me répondre : je lui demandai vite sa baguette magique. Fatalement, nous n'avions pas de temps à perdre... il fallait faire vite. Puis je n'avais pas envie qu'il me dise quoi que ce soit sur ce que je venais de lui dire.

    Ezra sembla hésiter quelques instants avant de consentir à me prêter sa baguette magique. Normal, n'importe quel sorcier n'aimait pas vraiment s'en séparer. Heureusement, il le fit sans demander son reste. Toujours rapidement, je lançai un « Prior Incantato » histoire de voir ce qui avait attaqué mon ami. Après quelques minutes, un tentacule de forme fantomatique sortit de ma baguette et vint s'enrouler autour de mon bras. Ce n'était vraiment pas bon. Je me mis à faire des recherches dans mon bouquin de « 1001 sorts et contre-sorts d'Asie » et finit par trouver ce qu'il me fallait. Vraiment, ce n'était pas bon... et ça se voyait sur mon visage. Ezra quant à lui, sembla déçu de ma tête. Ah oui... il m'avait un jour dit qu'il fallait se satisfaire des petites victoires dans la vie. Oui certes, j'avais trouvé le sort qui lui bousillait la main, mais ce n'était pas pour autant que c'était gagné. Je lui expliquai en détails ce que j'avais trouvé. L'ancien Gryffondor me félicita, me demandant même si je ne voulais pas l'aider dans son travail, car il avancerait bien plus vite avec moi comme collègue. Je ne pus m'empêcher de rire, suite à cette demande.

    « Hum, ben écoute, si j'ai du temps libre, je veux bien t'aider. Je n'ai que ça d'ailleurs en ce moment, du temps libre. »

    Je lui lançai un regard en coin, un sourire dessiné sur mes lèvres. Ah, Ezra... sa demande m'avait mise en joie, même si je savais qu'il avait dit ça pour rire. Je l'aimais vraiment. Mais il fallait bien que je me rende à l'évidence : si ça n'avait pas marché une fois, ça ne marcherait plus du tout. Et puis, avec mes soucis, j'avais d'autres choses à faire que de vouloir construire une vie avec quelqu'un. Enfin soit. Je me mis alors à la recherche du contre-sort. Le résultat me fit faire une grimace et j'annonçai tout de suite la couleur à mon compagnon : il allait avoir mal. Très mal. J'avais plongé mes yeux dans les siens pour le lui dire. Déterminé, il me poussa à commencer mon travail. Il ferma alors les yeux, se concentrant sûrement sur la douleur qui allait arriver, histoire de ne pas hurler à la mort. Je me mis alors à murmurer mes incantations dans un chinois maladroit. L'important, ce n'était pas la prononciation, c'était de le faire dans les règles de l'art. Or, il suffisait juste que je sois face à lui. Soudain, sa main fut légèrement attirée vers ma baguette, comme un aimant attirant une aiguille. Le sang commença à couler à flots et je vis le visage déjà pâle d'Ezra devenir clairement maladif. Ses traits se tirèrent, comme si il voulait absolument ne pas crier. Idiot ! S'il le voulait, il pouvait le faire. Ce n'était pas moi qui allait le juger à ce propos. Mais j'étais avant tout inquiète. J'avais peur qu'il ne perde trop de sang. Tout d'un coup, de fins fils sortirent lentement de ses plaies. Et là, Ezra se mit à crier. Paniquée, je me penchai légèrement vers lui et lui pris doucement sa main valide, qui me broya littéralement les doigts. Moi aussi, maintenant, j'avais mal. Un mal de chien, mais ce n'était certainement rien comparé à ce qu'il ressentait lui, en ce moment. Je continuai mon incantation et lorsque j'arrivai aux dernières syllabes, les fils sortirent complètement des plaies et s'évanouirent dans la nature.

    De fatigue, je m'assis à côté de mon vieil ami. Le lit était couvert de sang, ses vêtements, les miens et le sol aussi. Je poussai un soupire de soulagement tandis que je lançai un sort de cicatrisation sur les plaies encore ouvertes. Au moins cette fois, il était hors de danger. Ezra, toujours un peu étourdi, s'excusa platement pour ma main. Je lui lançai un sourie franc.

    « Ce n'est pas grave, elle n'est pas cassée. Je m'en remettrai facilement. »

    Un léger silence s'empara de nous. Ce n'était pas un silence gêné. C'était plutôt un silence de satisfaction et de soulagement. Oui, j'étais vraiment soulagée d'avoir réussi à le sauver ainsi. Ce n'était pas à la portée de tout le monde... c'était d'ailleurs pour cela qu'on m'avait demandé à moi de le soigner. Je me mis alors debout, m'avançant jusqu'au petit évier de la chambre. J'ouvris un des robinets et me lavai les mains. Je pris aussi un bassin de métal et le remplis d'eau. Pendant ce temps, Ezra me remercia, faisant bien remarquer que je venais de lui sauver la vie. Haha oui c'était sûr... Il voulait me remercier. Je me tournai vers lui, coupant l'eau et revenant avec le bassin d'eau et une brique de savon pour qu'il puisse à son tour se laver les mains. Ce fut ce moment qu'il choisit pour me demander si je faisais quelque chose, au soir.

    J'écarquillai littéralement les yeux, le regardant comme si il était malade -ce qui n'était pas tout à fait faux...- puis, posai le bassin d'eau sur ses genoux. Attends... il me proposai un rencard ou bien je rêvais ? Je tentai de le prendre avec le sérieux d'un médecin.

    « Eh bien... ce ne serait pas très sage de sortir ce soir, tu ne crois pas... ? »

    Un ange passa. La sagesse et Ezra ne faisaient pas vraiment bon ménage... je haussai les épaules et souris, riant presque.

    « Ma foi, ça me permettra de voir l'évolution de ta situation. Puis je pourra aussi t'apprendre la fabrication de la potion que tu devras prendre pendant une semaine... »

    Petit rappel oui : il devait prendre une potion pendant une semaine, histoire de supprimer le poison du tentacule. Enfin, si je devais lui apprendre à préparer cette potion, cela comprenait donc le fait que j'aille chez lui... ou lui chez moi... ah, je n'y avais pas pensé à ça. J'espérais qu'il ne remarque pas ce sous-entendu que je n'avais même pas fait exprès de lancer. Et que je n'avais même pas spécialement eu envie de lancer. C'était juste sorti comme ça, un point c'était tout. Je pris alors ma baguette et la rangeai dans une de mes poches. Je sortis de cette même poche une barre de chocolat. C'était une habitude que j'avais prise lors de mes stages : le chocolat était bon pour à peu près tout. Ça n'allait pas lui faire de tord d'en prendre. Je tendis la barre à Ezra. Tout en m'asseyant à nouveau à ses côtés, regardant les dégâts autour de nous. Boarf, une nettoyeuse allait nettoyer tout ça.

    « Manges-en, ça te fera du bien. Par contre, j'aimerais que tu restes alité jusqu'à la fin de l'après-midi, au moins. Nous n'aurons qu'à rentrer chez nous pour nous changer, à la fin de notre service. … Tu veux faire quoi, en fait ? »

    C'était tout de même mieux de le savoir. Au pire, nous pouvions toujours faire des courses, et je pouvais faire quelque chose à manger. Même si je ne me nourrissais plus, j'avais tout de même un sacré talent culinaire -d'après mon oncle et ma tante- et au moins, c'était l'occasion d'oublier tous mes soucis et de pouvoir enfin profiter de la vie, tout comme je l'avais fait avec Dray. Cependant, j'étais certaine que ce serait encore plus « marqué » avec Ezra : avec lui, c'était clair que je n'allais pas penser à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-le-Nom et que j'allais pouvoir me relaxer enfin. Je lançai un énième sourire à mon ancien camarade Lion. Mon cœur bondissait littéralement dans ma poitrine. Ah... le sentiment d'amour. Dire que je pensais ne plus l'aimer, je m'étais cruellement trompée. Bien dommage, en soit. Ou pas.


Violine - 22 ans - Médicomage - Phénix & espionne du Mage noir, bien malgré elle ~
[Couleur texte : #993333]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ezra Fitzgerald
Ministère
Ministère
avatar

Messages : 24
Points rp : 1965
Date d'inscription : 05/08/2012

Identité du Sorcier
Baguette magique: Sycomore, plume de Phénix, 31 cm
Ascendance: Sang-Mêlé
Camp: Bien

MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Mer 22 Aoû 2012 - 19:11


La douleur avait fini par passer, les plaies par être pansées. Tout irait mieux désormais, il n'aurait besoin de rien de plus qu'un peu de repos pour se remettre de la quantité de sang qu'il avait perdu et il serait de nouveau sur pieds, en forme pour retourner explorer les tréfonds de la Magie Noire à la recherche d'un moyen pour donner un espoir même infime à la communauté magique en sortant l'un des trois Gryffondors du coma. Ezra observa attentivement Violine alors qu'elle lançait quelques sorts de cicatrisation et de guérison des plus simple pour en finir une bonne fois pour toute. Elle tenta ensuite de le rassurer pour sa propre main, lui affirmant que ce n'était rien puisqu'elle n'était pas cassée. Il ne l'écoutait plus que d'une oreille distraite, perdu dans la contemplation du profil de la jeune femme.

Elle avait tellement changé. Elle était devenue trop adulte et trop sombre par rapport à la jeune fille sans défense dont il se souvenait. Et cela l'intriguait. Comment en était-elle arrivée là ? Certes, une guerre se préparait au dehors et elle n'avait pas un métier facile, mais ça ne pouvait pas être la seule raison de son changement. Ezra était de ceux qui pensaient qu'on apprend que des expériences de la vie, qu'elles nous forgent, nous font grandir et nous changent. Il avait envi de savoir quelles expériences la jolie rousse avait pu vivre pour devenir la femme assise à côté de lui. Ce n'était pas la première fois qu'il tombait sur une ex petit-amie, la communauté magique de Londres n'étant pas assez grande pour se permettre de ne jamais recroiser quelqu'un. Il était toujours curieux de voir ce qu'était devenue une personne qu'on avait bien connu. Alors il discutait un moment avec elle, là où il l'avait retrouvé puis repartait dans sa vie sans plus jamais y penser. Mais là il n'avait pas envie de simplement discuter deux minutes et retourner à sa vie, il voulait prendre le temps de la comprendre, de la connaitre. Et c"était très troublant d'autant quand c'était la première fois que cela lui arrivait.

Absolument inconsciente du bazar qu'elle mettait dans le crâne du jeune homme et du trouble qu'elle faisait naître en lui, Violine se leva finalement et s'éloigna pour se rendre jusqu'à un petit lavabo où elle débarrassa ses mains du sang de son ancien camarade de maison. Cela ne lui prendrait sans doute pas trop de temps, Ezra devait donc réfléchir très vite à ce qu'il voulait faire, à ce qu'il devait faire. Il n'était pas le genre de personne à avoir beaucoup de scrupules à empêcher une charmante jeune femme de faire son travail mais pour le coup, il se serait senti un peu trop coupable. Elle était ici pour sauver des vies, comme elle venait de sauver la sienne et il n'aurait pas voulu la déranger pendant qu'elle faisait quelque chose d'aussi important. Il avait déjà des projets pour la soirée, du genre qu'il pourrait très difficilement annuler mais attendre jusqu'au lendemain ne lui plaisait pas tellement.

Quand la jeune femme revient vers lui, il n'avait toujours pas vraiment pris de décision et cela ne lui plaisait pas du tout. Pourtant ce n'était pas aussi compliqué habituellement, il e contentait de faire ce dont il avait envie et voilà. Pourquoi se poser des questions ? Pourquoi avoir à coup sûr des regrets ? La vie était beaucoup trop courte pour se prendre la tête. C'était sa philosophie de vie et il n'avait jamais eu aucun mal à la suivre. Pourtant il continua d'hésiter quelques secondes. Il avait déjà eu sa chance avec Violine et ça n'avait rien donné même si elle était agréable à vivre. Mais elle avait l'air différente et elle l'intriguait énormément. Il regretterait sans doute de ne pas avoir saisi sa chance et il sentait qu'elle accepterait, il pouvait voir dans ses yeux et même dans ses paroles ou ses gestes qu'elle n'était pas indifférente. Alors quand elle revint vers lui et qu'elle s'approcha pour lui tendre une petite bassine remplie d'eau, il se lança et lui demanda de sortir avec lui le soir-même, prenant un ton dégagé et sûr de lui, accompagnant la question de ce petit sourire charmeur qui marchait à tous les coups.

Elle sembla fortement étonnée de la question, du moins c'est ce que disaient ses yeux écarquillés. Elle posa la bassine d'eau sur les genoux d'Ezra qui s'empara du savon et commença à se laver les mains tandis qu'elle lui répondait, visiblement incertaine de la réaction a adopter. Elle ne devait pas trop y croire et au fond, il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça, il avait eu maintes occasions de lui prouver son manque de sérieux et sa philosophie de vie trop épicurienne pour le bien d'une relation amoureuse. Il s'attendait à ce qu'elle refuse et il ne lui en aurait pas vraiment voulu si tel avait été le cas, c'est pourquoi il ne fut pas extrêmement surpris quand elle commença par lui répondre que ce ne serait pas très sage de sortir après ce qu'il venait de lui arriver. Certes, il le savait parfaitement, cela dit la sagesse et lui ne faisaient pas vraiment bon ménage car celle-ci avait la sale habitude de l'empêcher d'être heureux et de faire ce que bon lui semblait. Et dans tous les cas il n'avait pas tellement envie d'annuler ses projets à cause de ce petit incident tout simplement car il ne saurait pas comment le justifier. Que pourrait-il dire à ses amis ? « Je ne peux pas venir car une tentacule a essayé de me tuer ? ». S'ils n'avaient pas tous été moldus ça aurait pu passer mais là... On risquait surtout de le prendre pour un fou ou un menteur alors bon... Mais là n'était pas la question, le plus important étant de savoir si oui ou non elle voulait venir avec lui et il semblait que ce serait non.

Cependant, après un haussement d'épaule, elle revint à la raison, reconnaissant sans doute que se battre contre lui à ce sujet serait de toute façon inutile, à moins qu'elle n'ait tout simplement vraiment pas envie de refuser. Il espérait que ce serait cette seconde solution. Comme il l'avait espérer elle accepta donc son invitation mais pas sans garder un peu de ce sérieux qui semblait lui être devenu propre. Il trouva cela dommage mais en même temps avait l'impression que c'était cela précisément qui faisait tant son charme... Difficile à dire, il ne comprenait pas tellement cette attraction, sachant simplement qu'il se devait de se lancer dans cette histoire et voir ce que ça donnerait. Il écouta donc patiemment tout ce qu'elle avait à lui dire, continuant de frotter ses mains contre le savon et de les rincer dans la bassine pour faire disparaître le sang, ne laissant que de fines cicatrices encore rougies sur sa peau. Quand elle eut terminé, il lui adressa un sourire et lui répondit enfin.

« Je veux bien rester ici toute la fin de journée si tu me promets de venir me voir régulièrement, seul ton sourire peut éclairer cette pièce terne.... Quant à mes projets... On peut se retrouver ici à la fin de ton service, rentrez chez nous pour nous changer puis je passe te prendre chez toi à 19 heures très précises, laisse-moi ton adresse. Pas la peine de te mettre sur ton 31, tu seras de toute façon la plus belle femme de la soirée. Et je te promets que ce sera inoubliable. »

Il n'ajouta pas le clin d'oeil à la fin de sa tirade, qui aurait fait vraiment too much et se contenta de déposer la bassine sur une petite table de nuit posée à côté du lit. Sa confiance en lui ne l'avait pas lâché sur ce coup-là et c'était tant mieux car quelque chose lui disait que cette soirée serait vraiment inoubliable, du moins pour lui à défaut de l'être pour elle. Il se retourna en suite vers le lit et observa les dégâts. Ce n'était pas spécialement beau à voir, son sang recouvrait pas mal de parties de la pièce et en particulière le lit et le sol en dessous. Hmm... Violine enverrait surement quelqu'un pour nettoyer, cela semblait logique mais en attendant, il se trouverait bien bête de se remettre dans un lit à ce point souillé. Il retira donc les draps et les laissa en boule au pied du lit puis s'installa dans le fauteuil de l'autre côté, sans doute réservé à un visiteur. Il reporta ensuite son attention sur la rouquine et à coup de sourire l'intima à retourner travailler.

« Allez, va sauver d'autres vies, je ne bouge pas d'ici jusqu'à ton retour ! »

Cela risquait d'être long mais il mourrait d'impatience de voir la journée se terminer et la soirée commencer...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Violine Elgart
Ordre du Phénix
Ordre du Phénix
avatar

Messages : 36
Points rp : 2371
Date d'inscription : 26/08/2011

MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Dim 26 Aoû 2012 - 20:49

    Heureusement, Ezra semblait aller mieux. Mes soins étaient toujours aussi bon. Ce n'était pas parce que j'étais sous le pouvoir du Mage Noir que j'étais pour autant devenue une pauvre fille qui ne savait plus rien faire de sa vie. Et encore heureux... déjà que mon moral était au plus bas, je n'imaginais même pas si jamais j'avais été inutile à mon travail. Enfin, mon ancien petit ami me proposa de passer la soirée avec lui. Je ne savais pas si c'était une si bonne idée, et lui fit part de mon appréhension. Cependant, je me repris rapidement : Ezra n'était pas du genre à tenir compte de ce genre de conseils et puis au moins, ça me permettrait de voir l'évolution de sa blessure. J'en profiterais aussi pour lui expliquer comment faire la potion qu'il devrait boire contre le poison de son sort.

    Je sortis une tablette de chocolat et la lui tendis, tout en lui disant que ça lui ferait un bien fou... surtout si il voulait qu'on sorte. Je lui fis remarquer qu'il valait mieux qu'il reste ici jusqu'à la fin de mon service, et que je viendrai le chercher, du coup. Aussi, je lui demandai ce qu'il comptait faire lors de notre sortie. L'ancien Gryffondor répondit en souriant, m'assurant qu'il voulait bien rester ici toute la journée, si je venais de temps en temps lui rendre visite avec mon « sourire qui pouvait éclairer cette pièce terne ». J'en ris doucement, tellement c'était mignon. Mais il continua. Nous allions donc nous retrouver à la fin de mon service ici. Soit, à peu près 17h. On rentrerait alors chacun chez nous et il viendrait me chercher vers 19h, chez moi. D'après lui, je n'avais pas besoin de me mettre sur mon 31, car je serais quoi qu'il arrive, la plus belle femme de la soirée. Je ne pus m'empêcher de rougir. Vraiment, il n'avait pas changé.

    « Bon, ça marche ! Reste bien comme ça, je t'envoie quelqu'un pour nettoyer un peu la chambre... je crois que c'est nécessaire. Si tu veux, tu peux utiliser la douche, je crois que ça te fera le plus grand bien aussi. Mais mange d'abord cette fichue tablette de chocolat... ! »

    Mon ami, pendant que je parlais, mit les draps en boule au pied du lit, et finit par s'installer sur le fauteuil réservé aux visiteurs. Ma foi, il voulait mieux cela plutôt que de s'allonger dans son propre sang. Une fois de plus, son regard se posa à nouveau sur moi et il me sourit, m'obligeant à aller travailler et me promettant qu'il n'allait pas bouger d'ici mon retour. Une moue ennuyée se dessina sur mon visage : je n'étais pas pressée de retourner à mon travail. Surtout que je n'en avais pas trop -mis à part courir après un patient...-. Enfin, il n'avait pas tout à fait tord, et puis surtout, je devais préparer sa potion pour la soirée.

    « Bien. Je vais y aller. Je reviendrai te rendre visite, c'est promis. »

    Je me levai, pris mon livre de « 1001 sorts et contre-sorts d'Asie » en main, et fis quelques pas vers l'entrée. Puis je m'arrêtai dans l'encadrement de la porte. L'espace d'un instant, j'eus envie de me retourner et de lui dire quelque chose du genre « Ne fais pas trop de bêtises ! » mais c'était certainement trop. Je repris alors ma route, marchant à pas rapides vers mon pseudo-bureau. Sur le chemin, je croisai une dame chargée du nettoyage. Je la saluai et lui demandai gentiment de se charger de la chambre numéro 45. Elle accepta de bon cœur, et je pus reprendre ma route. Je m'affalai littéralement sur ma chaise de bureau. Je ressortis mon livre de Magie Noire et le posai face à moi. Il était maintenant imbibé du sang de Ezra. Boarf, ça ne faisait que lui donner un côté encore plus glauque. Rien d'anormal, en somme. Un livre de Magie Noire devait être glauque, non ?

    J'entrepris alors de préparer l’antipoison. Il n'était pas bien compliqué à faire. Je pouvais même le préparer de tête. Je pris un chaudron dans une armoire, le posai à l'endroit où je préparai habituellement mes potions -c'est-à-dire la table à côté de la-dite armoire- et mis le feu en route. Je pris ensuite mes ingrédients, eux aussi dans l'armoire en question, et commençai ma potion, la tête légèrement dans les étoiles. Ce n'était pourtant pas pour autant que je ne savais pas ce que je faisais. Si il y avait bien quelque chose que j'avais appris en cours de médicomagie, c'était d'être toujours attentive à ce que je faisais. Et surtout en potions. Bref, il y avait tout de même une question qui me turlupinait, dans ce que m'avait dit Ezra -je versai 500ml d'eau pure dans le chaudron-. Il m'avait dit que je serai la plus belle femme de la soirée. Nous allions donc rejoindre des amis à lui ? J'ajoutai à ma préparation quelques dards de Billwigs écrasés et remuai le tout quelques instants. Ça ne me dérangeait pas plus que cela, que des amis à lui viennent avec nous. J'avais l'habitude : quand nous sortions ensemble, nous passions beaucoup de notre temps avec ses copains. Mais bon, pour des retrouvailles, il y avait mieux, non ? J'ajoutai ensuite quelques plantes de Sisymbre. Boarf, finalement, ça n'avait pas vraiment d'importance. C'était juste dommage qu'il ne m'ait pas prévenu à l'avance. Enfin, ça ne m'étonnait pas trop de lui. Et puis le plus important là dedans, c'était tout de même les compliments qu'il m'avait fait.

    Bref, je terminai la potion vite fait, bien fait, tout en faisant bien attention à mes dosages, la chaleur de mon feu et les tours de cuillère dans l'antidote. Quand le tout fut prêt, je remplis une tasse de ma préparation. Un léger fumet de lavande s'en échappait. Hum, d'après mon expérience, le goût n'était pas aussi délicat... je me levai et pris la direction de la chambre d'Ezra, la tasse en main. Dans les couloirs, j’aperçus quelques collègues. Une en particulier, m'arrêta, me demandant si je connaissais bien le patient de la chambre 45, car « elle le trouvait trop canon ! ». Je soupirai, lui disant que oui, je le connaissais mais qu'elle n'était pas vraiment son genre. Un sourire narquois c'était dessiné sur mon visage, tandis que j'avais dit cela. Il était vrai qu'elle était assez jolie. Et sûrement serait-elle bien le genre à finir dans le lit de mon ancien petit-ami. Peut-être était-ce de la jalousie, mais en tout cas, je ne voulais pas que cela se produise. Je finis donc par arriver dans la chambre du brun. J'entrai, tenant toujours la tasse tiédie par le liquide brûlant. Je souris à mon ami, cette fois il était dans son lit, propre comme un sou neuf.

    « Eh bien ! Tu as l'air d'aller bien... ! Tiens, bois ça, c'est l'antidote. »

    Je lui tendis la potion.

    « Fais gaffe... c'est chaud. Et d'après mes autres patients, ce n'est pas très bon... tu vas devoir la préparer tous les jours. Ou alors, je pourrai te l'apporter, c'est comme tu veux. Bon... eh bien, je vais me changer. Je reviens d'ici dix minutes. Je te donnerai mon adresse en revenant. Et bois-le. »

    Je souris et ressortis, prenant la direction des vestiaires. Je descendis les escaliers rapidement pour arriver là où les infirmiers se changeaient. J'en profitai pour me laver une nouvelle fois les mains. L'hygiène était quelque chose d'important dans notre métier. J'arrivai à mon casier, l'ouvrit et enlevai ma blouse blanche. Je la rangeai dans mon casier en acier. Je pris mon manteau de couleur noire et l'enfilai rapidement. Je fis alors demi-tour, montant les escaliers quatre à quatre. Je revins à vitesse grand V dans la chambre d'Ezra, souriante. Il avait l'air lui aussi, prêt à partir.

    « Me revoici. On y va ? »


Violine - 22 ans - Médicomage - Phénix & espionne du Mage noir, bien malgré elle ~
[Couleur texte : #993333]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ezra Fitzgerald
Ministère
Ministère
avatar

Messages : 24
Points rp : 1965
Date d'inscription : 05/08/2012

Identité du Sorcier
Baguette magique: Sycomore, plume de Phénix, 31 cm
Ascendance: Sang-Mêlé
Camp: Bien

MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Mar 25 Sep 2012 - 21:26

C'était bien mignon de voir Violine aussi inquiète et insistante, elle faisait son travail avec beaucoup de zèle et c'était sans doute une qualité, surtout dans la profession, où elle pouvait parfois se retrouver avec la vie de personnes entre les mains il valait mieux s'assurer de ne rien louper. Malheureusement pour elle, elle venait de tomber sur un patient trop têtu qui ne comptait pas se laisser faire aussi facilement et il n'écouta que d'une oreille ses recommandations pendant qu'il défaisait les draps du lit. Une infirmière serait certes venue pour s'occuper de ça mais le métier de cette pauvre femme n'était pas de faire les lits et Ezra était encore suffisamment en forme pour retirer deux morceaux de tissus sur un matelas. Il accepta tout de même de prendre la tablette de chocolat qu'elle lui tendait, mais pas seulement pour des raisons de santé. Il s'installa ensuite dans un fauteuil et l'encouragea à retourner travailler. Il n'avait vraiment pas besoin d'une garde-malade et encore moins de l'empêcher de faire son travail pour son plaisir personnel.

La jeune femme eut un moment d'hésitation alors qu'elle quittait la pièce mais finit par partir sans se retourner, ce qui soulagea un peu Ezra. Il n'avait pas envie de la voir douter, se rendre compte qu'elle faisait une erreur et annuler leur rendez-vous ou quelque chose du genre. Et encore moins qu'elle recommence à le materner pendant trois heures même si c'était absolument adorable de la regarder faire. Quand il se retrouva totalement seul, Ezra poussa un long soupir et laissa sa tête s'échouer contre le dossier de son fauteuil, fermant les yeux quelques secondes. Le silence était total dans sa chambre, le laissant seul avec ses pensées les plus profondes. Dans des gestes prudent, il sera le poing plusieurs fois d'affilée pour tester la douleur. Il se sentait beaucoup mieux, c'était certain, bien que ce ne soit toujours pas ça. Mais enfin, si ça continuait à aller mieux, il pourrait peut-être jouer de la guitare dès ce soir. Quelle idée de se blesser aujourd'hui, franchement...

Le reste de la journée passa très lentement, seulement ponctuée de temps à autre par la visite d'une infirmière qui venait on ne sait trop pourquoi, prendre de ses nouvelles et s'assurer qu'il n'était pas mort, probablement. En particulier une jeune infirmière blonde revenait très souvent et s'assurait toujours qu'il ne manquait de rien, posait des centaines de questions de sa voix nasillarde pour s'assurer qu'il allait bien, à coup de grands sourires et de battements de cil. Plutôt jolie et à vrai dire, le jeune homme n'aurait pas eu de mal à se laisser tenter -car il y avait peu de doutes sur les intentions de la jeune femme- mais il ne s'en sentait pas vraiment l'envie. C'était même probablement la première fois qu'il remarquait ce spectacle avec autant de distance, d'indifférence et même un peu d'ennui. Son esprit était ailleurs, sur ses jeunes années à Poudlard, sur la soirée qui s'annonçait, sur tout un tas de chose mais certainement pas sur cette fille. Il mit cela sur le compte de la fatigue et du contre-coup de son accident. Il continua de ne pas répondre à ses avances timides, grignotant parfois un carré de chocolat.

Violine revint enfin après quelques heures, pas plus, bien que cela eut paru des jours à Ezra qui s'ennuyait à mourir dans sa petite chambre sans même un livre pour passer le temps. Il sauta presque sur ses pieds quand il la vit dans l'encadrement de la porte mais se réfréna tout juste pour ne pas passer pour un demeuré aux yeux de la jolie rousse. Il était bien content de bouger, certes, mais pas au point non plus de perdre son calme légendaire. Il se contenta de se redresser un peu, prenant une position assise un peu plus confortable même si ce n'était pas l'idéal dans le lit d'hôpital dans lequel il avait pris place un peu plus tôt, rajoutant à son air maladif qui avait du faire fondre le coeur de l'infirmière.

«Je vais beaucoup mieux, ouais. Les soins ici sont vraiment incroyable, le personnel fait preuve d'un zèle remarquable, je crois que je n'ai jamais été aussi bien traité de toute ma vie !»

Il lui adressa un clin d'oeil énigmatique et tendit la main vers la tasse qu'elle lui présentait. La jeune femme finit par le laisser de nouveau seul quelques minutes afin de se changer, ce qui n'était pas une mauvaise idée et Ezra comptait bien en faire de même une fois chez lui car tous ses vêtements étaient actuellement plein de sang et ça n'était pas du meilleur effet. Ce que contenait la tasse ne donnait pas vraiment envie mais bon... C'était le prix à payer pour avoir agis comme un idiot et vu la facilité avec laquelle il le faisait, il avait l'habitude des compensassions peu plaisantes. Il avala le liquide d'une traite, fermant les yeux, ce qui n'empêcha pas une grimace de dégoût de prendre place sur ses traits. Vraiment pas bon. Et dire qu'il allait devoir boire ça régulièrement... Comme elle l'avait dit, Violine fut de retour après seulement une dizaine de minutes et dès que ce fut le cas, elle fut accueillit par une nouvelle remarque de la part du brun.

«Tu ne m'en voudras pas mais j'crois qu'après ça, j'ai pas vraiment envie de te laisser cuisiner ce soir... »

Son sourire taquin ne laissait pas vraiment de doute sur le caractère humoristique de cette dernière remarque mais il l'appuya tout de même d'un éclat de rire, afin de s'assurer que Violine comprendrait bien la blague. Avec les femmes, deux précautions valaient mieux qu'une, il l'avait appris à ses dépends à de trop nombreuses reprises. Cela ne l'empêchait pas de continuer ce genre de blague foireuse mais au moins, il faisait bien attention à ce qu'on comprenne ses intentions.

«Allez, allons-y ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait, les deux amis dévalèrent les étages pour rejoindre le hall puis l'endroit réservé au transplannage, avant quoi Violine donna son adresse au jeune homme et il dut la rassurer encore sur le fait qu'il irait très bien. Il regagna son appartement en à peine quelques minutes et se débarrassa très rapidement de ses vêtements sales et fonça sous la douche, où il passa quelques minutes pour se rafraîchir un peu et se débarrasser du sang séché sur sa peau. Il lui fallut en tout et pour tout une bonne vingtaine de minute pour être présentable à la mode Fitzgerald, c'est-à-dire chemise aux manches retroussées, jeans rapiécés, cheveux plus ou moins brossés et barbe de trois jours de rigueur. Pour lui, l'effort représentait la chemise qu'il ne sortait pas en toute occasion même si elle n'avait rien de vraiment classe. Il enfila ses converses, prenant soin de choisir la paire la moins usée du lot, n'oublia pas la housse de sa guitare qu'il passa par dessus son épaule et quitta son appartement, prêt à rejoindre Violine qui l'attendait chez elle.

En arrivait devant sa porte, il ne savait toujours pas si son idée était bonne ou non. Il voulait faire les choses bien, étrangement, mais pour le coup il l'avait invité sous le coup de l'impulsion et ce n'était pas forcément le meilleur soir pour ça. A 19h, pas une minute de plus, pas une minute de moins, il frappa à la porte et imprima un grand sourire sur son visage. Peu importe si ce n'était pas la meilleure soirée de sa vie, au moins au début, il se débrouillerait pour se rattraper.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Violine Elgart
Ordre du Phénix
Ordre du Phénix
avatar

Messages : 36
Points rp : 2371
Date d'inscription : 26/08/2011

MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   Dim 14 Oct 2012 - 18:03

    Non vraiment, il avait l’air d’aller beaucoup mieux. Même son teint avait repris une couleur plus ou moins normale. Bref, il était maintenant –et heureusement- hors de danger. Il m’assura d’ailleurs que les soins donnés aux patients étaient juste merveilleux, et qu’il avait l’impression de n’avoir jamais été aussi bien traité. Je ne pus m’empêcher de rire de bon cœur. Oui, c’était vrai que les infirmières étaient assez consciencieuses dans leur travail. Surtout si elles avaient un patient du même genre que mon très cher Ezra. Ce n’était pas tous les jours que nous avions un patient aussi… aussi beau, il fallait bien l’avouer –et j’étais certainement bien placée pour le savoir. Il ponctua sa phrase d’un clin d’œil mystérieux. Ah ! Les clins d’œil énigmatiques… quand nous étions à Poudlard, il m’en faisait aussi. Je ne comprenais jamais pourquoi. Et encore maintenant, je ne comprenais pas la raison de cet acte. Enfin, je ne me posais plus vraiment de questions à propos de lui. Il était comme ça, et c’était ceci qui faisait son charme.

    Enfin soit, je lui offris la tasse contenant l’antidote que j’avais préparé avec soin et attention puis, pris congé, le temps d’aller me changer. Heureusement, personne ne m’interpella, entre temps. Il arrivait souvent qu’un des chefs de service me demandent, alors que j’étais en temps pour me changer, si je ne pouvais pas m’occuper de tel ou tel patient. C’était normal, aussi. Nous filions tous comme des rats quittant un navire en train de couler –cette comparaison était assez mauvaise, en fait. Surtout en fin de semaine : nous voulions tous rentrer chez nous. Certes, dans mon cas, je préférais m’occuper l’esprit à rester à l’hôpital, mais aujourd’hui, c’était différent. Et mon chef l’avait sûrement remarqué, vu que je l’avais vu appeler une de mes collègues. Bref. Je revins dans la chambre d’Ezra, un sourire affiché sur mon visage. Ce n’était pas tous les jours que je pouvais sortir, après tout. Mais mon ami m’accueillit avec une nouvelle remarque : il s’excusait, mais ne voulait pas me laisser faire la cuisine, ce soir. Surtout vu le goût qu’avait la potion que je lui avais préparée. L’espace d’un instant, je vus étonnée, mais un sourire narquois rapidement sur mon visage.

    « Oh, je suis vraiment désolée… prochaine fois, je mettrai des épices, histoire de rendre le goût un peu meilleur. Accessoirement, je ne comptais pas faire un repas, mais plutôt aller au restaurant… je suis un peu fatiguée ces derniers temps. »

    Bon, le terme « un peu » était réellement un euphémisme. Mais il fallait voir le bon côté des choses : cela faisait des lustres que je n’avais plus rien mangé dans la soirée. Et là, j’allais faire l’effort de sortir et de manger un vrai repas. J’étais certaine que cette soirée allait être géniale. Et même si elle ne l’était pas spécialement, elle le serait déjà plus que celles que je passais d’habitude. Je proposai, d’un ton interrogatif, à mon ami d’y aller. Avec ce que je supposais être de l’entrain, Ezra accepta et se leva. Aussitôt dit, aussitôt fait : nous dévalâmes les escaliers menant au hall d’entrée. Ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux pour mon compagnon, alors qu’il venait de perdre une assez grosse quantité de sang. J’étais par ailleurs étonnée de le voir gambader ainsi. Enfin, même s’il lui arrivait quelque chose, je serais toujours là pour lui prodiguer les premiers soins. Ça avait un certain avantage d’avoir une médicomage dans ses amis. Et encore plus de sortir avec elle après s’être vidé de son sang. Une fois dans la salle de transplannage, je donnai mon adresse à mon compagnon, qui m’assura une fois de plus qu’il allait très bien. Bon… s’il le disait, je ne pouvais que le croire. Cependant, je garderais toujours un œil sur lui. De toute manière, si je passais la soirée avec lui, ce n’était pas non plus pour regarder tout autour de moi… ‘fin soit.

    « Très bien, très bien. Je te crois, ne t’en fais pas. »

    Je m’empêchai avec difficultés de lever les yeux au ciel, chose que je faisais fréquemment quand je ne croyais pas spécialement ce qu’on me disait. Bref, nous nous quittâmes dans un « POP » synchronisé et j’arrivai face à ma porte sombre. Je pris mes clefs dans une de mes poches et après avoir inséré la bonne, ouvrit l’entrée de mon studio. Je me glissai dedans comme si j’étais traquée –c’était un peu le cas, non ?- et refermai la porte à double tour. Etrangement, de l’anxiété s’emparait de moi quand je me retrouvais seule. Cela s’expliquait certainement du fait que j’avais peur de me retrouver face à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, ou un de ses sbires. Mais l’idée de retrouver Ezra me réchauffait le cœur. Et avec un peu de chance… j’allais peut-être même passer la nuit avec lui, chez lui. Cette idée me fit rougir, tandis que je me déshabillais tout en me dirigeant vers ma salle de bain. Du fait que je m’étais déjà douchée au matin, je n’allais faire qu’un petit tour sous l’eau. J’attachai mes cheveux en chignon et me glissai sous la douche. Je me savonnai rapidement, puis sortis et me séchai avec grande vitesse. Je n’avais surtout pas envie d’être en retard et de faire patienter Ezra devant ma porte.

    Je balançai mon linge sale dans un panier dédié à cet effet et me dirigeai vers ma chambre, seulement entourée de ma serviette. Pendant plus de dix minutes, je restai plantée devant mon armoire, cherchant ce que je pouvais bien mettre. Finalement, mon dévolu s’arrêta sur une jupe courte, des bas et un corset. Moins confortable que d’habitude, mais beaucoup plus agréable à regarder. Et ça, Ezra ne serait pas du tout contre. Je revins dans ma salle de bain, détachai mes cheveux et les coiffai avec minutie. Finalement, je revins dans mon salon, prenant dans la foulée mes bottes en cuir. Je m’installai dans un des fauteuils et chaussai mes bottes. Ce fut à ce moment que j’entendis des coups frappés à ma porte. Je sautai sur place et y courus presque. Je l’ouvris et vis un Ezra portant des vêtements propres et sentant autre chose que la transpiration et le sang séché. Un sourire radieux s’afficha sur mon visage.

    « Eh bien… tu es presque sur ton 31 dis-moi ! »

    La logique des choses aurait voulu que je l’invite à prendre l’apéro chez moi. Cependant, je n’avais qu’une vieille bouteille de whisky pur-feu. Et puis, peut-être préférait-il que nous sortions ? Bah, ça ne coûtait rien de lui proposer.

    « Au fait, j’ai une bouteille de Whisky pur-feu quelque part dans une de mes armoires… tu veux un verre avant que nous sortions ? »


Violine - 22 ans - Médicomage - Phénix & espionne du Mage noir, bien malgré elle ~
[Couleur texte : #993333]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Retrouvailles sanglantes [Violine Elgart]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [A.C] Retrouvailles sanglantes [Tam]
» Des retrouvailles tragiques...
» Retrouvailles percutantes...[London]
» Fin du rp: Retrouvailles {OK}
» [TERMINE] Retrouvailles inattendues [Chase]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
- Nox - A vous de rallumer l'espoir. :: - Hors Poudlard - :: Sainte Mangouste :: Quatrième Étage-